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Victor d’Allant conçoit son premier livre inspiré de Stanley Greene

(3/3) J’ai rencontré Victor d’Allant au moment de la sortie de son premier livre Tulsa, OK dans lequel il revisite la ville américaine de Tulsa, 50 ans après Larry Clark. Dans ce troisième et dernier article, Victor nous parle de la conception de l’ouvrage.

Temps de lecture : 11 min

Si vous avez manqué les deux premières parties, vous pouvez les rattraper :

L’éditing de Tulsa, OK

C’est quoi un éditing ?

L’éditing est le processus créatif, itératif et douloureux par lequel on passe d’un tas de photos en vrac à une sélection réfléchie et ordonnée.

Créativité

Créatif car on fait appel à l’imagination pour choisir les images, les associer et arriver au résultat souhaité.

Il faut bien se jeter à l’eau alors on commence par suivre son intuition et une première idée. Qui en amène une autre. Puis une autre. Les possibilités peuvent sembler illimitées. Ce n’est pas le cas.

À moins de choisir les images au hasard, aucune idée ne sort de nulle part. Chaque idée fait référence à au moins un élément que l’on connaît. En effet, on ne peut imaginer quoi que ce soit d’étranger à son propre monde. On est limité à ce que l’on est capable de créer.

C’est pourquoi, chaque éditing est unique. Il dépend de qui l’on est, un individu avec sa propre personnalité, sa sensibilité, sa culture, ses goûts.

Itération

Le processus est itératif car on revient aux images et à leurs associations, encore et encore, jusqu’à ce qu’émerge un ensemble satisfaisant. Le temps est un précieux allié qui permet de laisser son inconscient travailler et ainsi explorer de multiples possibilités.

Douleur

Le travail est douloureux car on abandonne des images que l’on adore. Ça arrache un peu le coeur, forcément. Mais l’objectif est clair. Éliminer sans sourciller les photos qui desservent le projet.

Dans un monde idéal, on trouve la séquence du premier coup. En réalité, au bout d’un moment, on ne sait plus quoi changer alors on arrête. Et c’est sûrement mieux ainsi. À ce stade, on ne peut plus voir ses photos en peinture, enfin, en images.

Victor d’Allant se lance

Tout d’abord, dit Victor, j’ai sorti 100 ou 150 tirages de lecture. Des impressions basiques sur de simples feuilles A4. Je les ai posées sur le sol et me suis amusé à les déplacer comme les pièces d’un puzzle.

L’idée c’était de raconter une histoire à peu près logique. Après trois ou quatre versions, il me semblait qu’il manquait quelque chose. Toutes ces photos placées les unes à côté des autres suggéraient un boulot de photojournaliste. Et ce n’était pas ce que je voulais faire.

C’est alors que je me suis souvenu de ma première inspiration. Qui n’était pas du tout le livre de Larry Clark, mais Black Passport de Stanley Greene.

C’était qui Stanley Greene ?

C’était un photojournaliste noir. Il ne passait pas inaperçu au sein d’une profession largement réservée aux blancs. Fallait le voir débarquer dans une pièce avec sa dégaine. Sur la tête, un béret aux couleurs de la Tchétchénie, et aux doigts, d’énormes bagouzes à tête de mort.

Le genre de gars dont la forte personnalité t’entraînait plus qu’elle ne t’écrasait. Un type à fleur de peau, fidèle à ses principes et à ses opinions, presque jusqu’à la déraison. Un homme dont la gentillesse faisait qu’il était adoré dans le métier.

Sarah Shatz – Stanley Greene

À ses débuts pourtant, Stanley Greene est loin de tout ça. En 1970, il étudie la photo à San Francisco. En dehors des cours, il traîne avec ses colocs, des étudiants en art qui jouent dans les bars, du punk alors à ses prémisses.

Attiré par la musique et les groupies, il commence à photographier tout ce petit monde. Les concerts bien sûr, mais aussi les coulisses, la vie nocturne, les fêtes.

En 1975, lorsque le mouvement punk éclate, un premier groupe le contacte. Hé Stanley, un magazine veut faire un article sur nous. T’as bien des photos de nos concerts ?

C’est ainsi que Stanley Greene devient photographe professionnel.

Stanley Greene – Concert des Dead Kennedys, San Francisco – 22 novembre 1978

Puis, il quitte les États-Unis pour Paris. En 1986, il photographie les défilés de mode de la capitale. Mais ce n’est pas son truc. Le déclic se produit trois ans après, lorsqu’il est envoyé à Berlin couvrir la Chute du Mur.

Stanley Greene – Chute du mur de Berlin – 9 novembre 1989

Dès lors, il se tourne vers une photographie plus engagée. Il a 40 ans. Il va couvrir la plupart des conflits du monde, notamment la guerre en Tchétchénie.

Malgré la violence, les images laissent entrevoir la vision poétique du photographe.

Stanley Greene – Grozny, Tchétchénie – Janvier 1995
Stanley Greene – Portrait de Zélina, Grozny, Tchétchénie – Avril 2001

C’est quoi Black Passport ?

Dès qu’il s’éloigne des zones de conflit, Stanley Greene revient à Paris, profiter de sa petite amie du moment. Ça ne dure jamais très longtemps. Attiré par les ténèbres, il reprend la route, encore et encore.

Bien sûr, ses images ne changent pas le monde. Mais il se dit que peut-être, après avoir vu l’horreur des guerres, les gens seront moins cons et ne referont pas les mêmes erreurs.

Et ce livre, Black Passport, c’est ça.

De douloureux souvenirs de guerres.

Des réflexions sur la nature de l’Homme.

Mais ce livre est plus que ça. Présenté sous la forme d’un journal intime, il montre comment la photographie a façonné son identité et sa vie personnelle.

Notamment sa vie amoureuse.

Au final, la photographie était pour lui une sorte d’absolu, presque une religion. Il est mort sans ressources en mai 2017.

Voici une présentation de Black Passport, contée par Stanley Green lui-même. Déconseillée aux épileptiques.

Pour en savoir plus Stanley Greene, je vous conseille ces 15 minutes d’interview diffusée dans l’émission Tracks en 2014. Avec ses histoires, le type t’emporte, te prend aux tripes.

Stanley Greene, photographe du chaos – Tracks – 2014 (VOST)

Le déclic de Victor

Victor se souvient de Black Passport.

Je suis stupide, j’ai interviewé toutes les femmes que j’ai photographiées. Pour moi, c’est ça la photographie, un outil pour me connecter aux gens.

Je retrouve mes notes. L’histoire est devant mes yeux, c’est évident. Je ne conserverai une photo que si elle est accompagnée d’un témoignage intéressant. Sinon je l’éliminerai.

Je commence à sélectionner mes portraits en écoutant la musique classique de Philip Glass. Pour éditer c’est parfait.

Au final, j’en conserve une soixantaine, comme autant de bonnes histoires.

Et maintenant ? Il s’agit d’associer visuellement photos et histoires. Et ça, c’est le défi du graphiste. Je l’ai un peu fait souffrir.

Mise en pages et création de la maquette

Victor rencontre son graphiste

Mon graphiste c’est João Linneu.

Faut que je raconte comment je l’ai rencontré.

Un jour, j’avais prévu de me rendre au Rwanda. Le trajet c’est San Francisco-Istanbul, puis Istanbul-Kigali. Je me retrouve bloqué 24 heures à Istanbul. Pour passer le temps, je décide de me rendre à la galerie Leica.

Je papote avec la directrice. Vous connaissez de bons imprimeurs à Istanbul ?

La Turquie était l’un des pays que j’avais noté pour un imprimeur de qualité. Les États-Unis, j’avais vite déchanté, les très bons sont très très chers. J’avais repéré quelques adresses en Italie, en Espagne, en Chine, et donc en Turquie.

Vous êtes allé voir Ufuk Şahin ? demande-t-elle. Il gère l’imprimerie MAS Matbaa à Istanbul. C’est un bon, c’est lui qui imprime toutes nos brochures.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  "ZZYZX" de Gregory Halpern : le futur de la photographie américaine

Au retour de mon voyage en Afrique, je fais un saut à l’imprimerie.

Victor d’Allant – Ufuk Sahin au travail dans son imprimerie

Je rencontre cet Ufuk Şahin et je lui présente mon projet de livre.

T’aurais un graphiste à me recommander ?

João Linneu. Il n’y a personne d’autre.

João Linneu

Il bosse avec pas mal de photographes de l’agence Magnum, dont Antoine d’Agata.

C’est un signe, je me dis.

Il est vraiment bon. En 2014, il s’est occupé de la direction artistique de la pub pour les 100 ans de Leica. Pour l’occasion, 35 photos historiques ont été recréés. La vidéo vaut vraiment le coup d’oeil.

Poux ceux qui sèchent, la solution se trouve ici.

Bon, si c’est le meilleur, João sera mon graphiste.

Comment associer les textos échangés aux images

Le type est plutôt emballé à l’idée de bosser sur le projet. Je lui demande d’abord de reproduire les conversations par messages. À toi de trouver une forme visuelle qui montre bien que ce sont des textos.

João a donc créé ces bulles avec une police d’écriture contemporaine qui rappelle les applications Messenger ou WhatsApp.

On a reproduit l’intégralité des messages, bien souvent avec les fautes de grammaire. Ça faisait sens. Parfois, j’ai un peu réécrit, mais fondamentalement ce sont les véritables messages.

Il y a quelques exceptions.

Par exemple, je raconte l’histoire dérangeante de Bryanna, une jeune femme qui s’est faite violer par son beau-père entre 9 et 16 ans.

Je la rencontre une première fois à Tulsa, accompagnée de son petit ami. Après la séance, on prend un café. Je suis tellement impressionné par sa volonté de réussir sa vie que je lui propose de passer quelques jours chez moi à San Francisco.

Elle accepte aussitôt, bouleversée que quelqu’un puisse croire en elle aussi vite. Pour éviter toute ambiguïté, je précise à son copain qu’il est le bienvenu.

Trois mois plus tard, elle débarque en Californie, non pas avec son compagnon mais avec une copine. Je lui montre la ville et lui présente des photographes. Et un soir, elle me raconte cette histoire tragique.

Elle m’émeut tellement que je ne prends aucunes notes. J’écoute simplement.

Pour le livre, j’ai rédigé un texte qui ne correspond pas exactement aux mots qu’elle a prononcés. Je lui ai montré, elle a dit, ne change pas un mot, c’est parfait, c’est moi.

J’ai ajouté mes propres commentaires, donnant l’impression d’être un photographe complètement stupide. Pour que sa rage et sa volonté transparaissent davantage.

Je lui ai demandé si elle souhaitait utiliser son vrai prénom, un deuxième prénom ou un pseudo. Elle a dit, non, c’est mon prénom, je n’ai pas honte, c’est moi.

Le conflit entre le photographe et le graphiste

João le graphiste et Ufuk l’imprimeur s’intègrent énormément dans le processus de création. Ufuk, ce n’est pas seulement « vas-y, envoie le dossier que je l’imprime », il s’implique à fond dans le projet. Et João est très créatif, constamment force de proposition.

Je dois admettre que j’ai souvent été en conflit avec João. Et quand cela arrivait, Ufuk jouait un peu le rôle de tampon et essayait d’arrondir les angles.

Les relations entre le graphiste et le photographe sont généralement conflictuelles. En particulier quand le photographe c’est moi.

Par exemple au sujet des hashtags.

Pour ou contre les hashtags ?

C’est mon idée. En Amérique, tout le monde parle comme ça aujourd’hui. Sur Twitter. Sur Instagram. Et pour moi, le hashtag c’est le symbole de l’ère Trump.

Encore une fois l’inspiration vient de Black Passport. Regarde à la fin de ce texte, Stanley Greene utilise des petits signes technologiques très années 2000 : // JE VAIS ALLER À PARIS //.

Je me suis dit que l’équivalent aujourd’hui serait le hashtag. João et Ufuk ont toujours été fermement opposés. Ils trouvaient ça trop gadgets.

J’ai suivi mon instinct. L’avenir me dira si j’ai raison ou non. Marqueurs de notre époque ou symboles très datés et ringards.

Les hashtags apparaissent en rouge tout au long du livre, comme ici.

#love

Je les ai en partie écoutés puisque j’ai enlevé la moitié de ce que j’avais prévu.

Sur d’autres points, je leur ai totalement fait confiance. La couverture par exemple.

Le choix de la couverture

À un moment, Ufuk m’a dit, Victor, ton idée de couverture, je rejoins João, je n’y crois pas.

À l’origine, j’avais en tête une photo recadrée au format vertical. De ce style.

Dans l’esprit du livre de Larry Clark.

Les premiers essais reprennent d’ailleurs cette idée.

Le titre définitif était déjà trouvé. Tulsa, OK. À vrai dire, je l’avais avant mon premier voyage. OK, c’est le code de l’Oklahoma. Et ça rappelle aussi le jeu de mots : « Is it ok or not ok ? »

Après quelques expérimentations, nous sommes arrivés à cette version.

Une couverture somme toute assez classique. Mon nom, le titre du livre et une photo placée dans un creux pour créer un effet de relief (technique de l’embossage).

Avec une matière qui rappelle celle de Black Passport. À mi-chemin entre du plastique et du simili cuir.

Au début, je trouvais ça absolument cheap.

C’est Ufuk qui m’a convaincu, à force de le voir travailler et d’assister aux échanges avec João par FaceTime, je me suis dit qu’il fallait leur faire confiance.

Si on engage des pros, on doit les laisser faire leur travail.

Et donc, voici la version définitive.

Tu remarques les changements ?

D’abord, l’image a été recadrée au format vertical. L’embossage, abandonné. À la place, un effet argenté. Le résultat me plait bien comme ça.

Ensuite, mon nom a disparu. Ça s’est fait à la toute fin. J’observais la couverture et je me suis dit, pourquoi mon nom est là ? Ce n’est pas nécessaire. J’en ai parlé à João.

Ben… Je n’osais pas te le dire, mais effectivement, il n’y en a pas besoin. 

C’est vrai, personne ne me connaît. Les gens ne vont pas se jeter sur mon livre en voyant mon nom dans une librairie. Je ne suis pas Antoine d’Agata ou Alec Soth. Du coup, mon nom n’apparaît que sur la tranche.

Si c’était à refaire, j’écouterais bien plus João pour ce livre.

Maquette terminée

Pendant toute la conception du livre, j’ai pensé à une citation du photographe sud-africain David Goldblatt. Elle se trouvait sur une petite carte à l’intérieur d’un livre que je venais d’acheter, celui de Mary Ellen Mark, The Book of Everything, édité par Steidl.

« Le problème avec les livres, c’est qu’ils sont un peu comme des monuments – ils ont tendance à rester. Et à moins que vous ne réussissiez dès le départ, vous êtes foutu.

Il faut donc beaucoup de réflexion pour faire un livre. La séquence des photographies, la mise en page, la typographie, l’impression, chaque détail. »

David Goldblatt dans sa dernière interview, publiée par Steidl en 2019

À un moment, ton livre ne t’appartient plus. Il passe entièrement dans les mains de l’imprimeur.

© Victor d’Allant – Ufuk Sahin vérifie les fichiers
© Victor d’Allant – Ufuk Sahin vérifie les impressions

Tout était imprimé à l’exception de la couverture. Et là je reçois un message d’Ufuk. La tranche, on la met en rouge, t’en penses quoi ?

Bien sûr. Pourquoi n’y a-t-on pas pensé ?

La technique c’est le jaspage, c’est fait à la main. Tu prends un livre à la fois et tu le trempes, comme si tu tamponnais dans de la peinture rouge.

Avec l’accord de João, Ufuk a fait ça pour chacun des exemplaires. Le résultat est flashy avec ce rouge qui rappelle la couleur dominante du livre.

Quelques semaines plus tard, j’ai été livré de près de 600 kilos de livres. J’habite au deuxième étage, j’en ai encore mal au dos.

© Victor d’Allant – 600 kilos de livres arrivent à San Francisco, courant 2021.

Conclusion

Voilà, le projet de Victor d’Allant se termine. Quatre années pour un livre photo. Pas à plein temps mais tout de même ! Après avoir documenté la ville de Tulsa en 2018 et 2019, il a conçu son livre Tulsa, OK en 2020 et finalisé l’impression début 2021.

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Comment créer un projet photographique (selon Alex Webb)

J’ai été ravi de rencontrer un photographe très sympa et inspirant.

Je retiens la façon avec laquelle Victor arrive à créer une intimité avec de purs inconnus. Les qualités mentales d’un photographe sont trop souvent sous-estimées. L’empathie, l’ouverture d’esprit, la persévérance, l’endurance, la résilience sont de précieux atouts.

(Et sûrement d’autres mots en ance.)

J’ai aussi aimé la façon dont Victor démarre ses projets. Il ne tergiverse pas des semaines. La ville de Tulsa semble intéressante ? Il prend un billet d’avion et il y passe une semaine pour tester l’idée. Les photographes peuvent parfois rester longtemps à réfléchir alors que les choses pourraient être plus simples.

FIN.

🖤 Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. Wow, ainsi s’achèvent les trois articles que j’ai écrits suite à ma rencontre avec Victor.

Près de 10 000 mots, 3h16 d’interview et de nombreux échanges de mails.

Finalement, cela m’aura pris bien plus de temps que je ne l’aurais imaginé.

Si l’interview vous a plu, n’hésitez pas à me laisser un petit mot. C’est toujours sympa de lire vos messages et cela m’encourage à continuer.

Vous souhaitez découvrir le livre de Victor d’Allant, Tulsa, OK ? Vous pouvez vous le procurer en cliquant ici. Les futurs projets de Victor sont à suivre sur son Instagram : @mr.dallant.

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43 réponses sur « Victor d’Allant conçoit son premier livre inspiré de Stanley Greene »

Je découvre ce blog et je viens d’y passer 3h. Merci Antoine de rendre aussi fort tous ces entretiens, c’est passionnant. J’aime tellement comprendre et apprendre des processus de création.

Bravo Victor pour Tusla, ok et merci de t’être livré aussi honnêtement. J’ai beaucoup ri en imaginant la tête d’Antoine D’Agata découvrant tes photos de sa tête sur un corps nu. Je suis triste d’apprendre que Stanley Greene est mort en 2017. Je ne savais pas. J’ai passé quelques soirées avec lui vers 2010 puis on s’est perdus de vue. Je l’aimais beaucoup.

Si je juge l’heure de publication de ton commentaire (3h12), tu as dû passer une petite partie de la nuit en compagnie de Victor. Ravi que cette série d’articles t’ait plu.

Oui, le grand Stanley Greene est mort en 2017 et son livre Black Passport est malheureusement très difficile à trouver (c’est-à-dire très très cher, puisqu’il est épuisé dans toutes ses éditions).

Par contre, il est possible d’acheter la superbe BD de Jean-David Morvan et Tristan Fillaire Stanley Greene : Une vie à vif

Pour seulement 19 euros, on prend son pied avec ce personnage absolument unique.

Merci Antoine encore une fois pour la qualité de tes articles, à la fois fouillés et inspirants qui me donnent à chaque fois envie d’enrichir ma pratique photographique.
J’espère t’envoyer une première maquette de mon travail bientôt.

Merci Victor d’avoir partagé le processus de création de Tulsa, OK de manière si détaillée, tu es une belle source d’inspiration.

Merci de nous prendre par la main avec ton blog pour nous offrir la découverte de nouveaux horizons.

Parfois, un peu réticent au début pour une photo qui ne me parle pas, je termine les articles, systématiquement captivé.

Du bonheur! Merci…

Merci à Mr d’Allant pour son travail photographique et son retour interpellant à propos de l’éditing de Tulsa, OK.

🙏 Respect Antoine pour ton blog (qu’enfin je viens de prendre le temps de lire).

Je suis ravie. Du coup sur ma lancée, j’ai aussi regardé les articles sur Alec Soth et Saul Leiter 👏🏻👏🏻.

Et j’ai laissé un peu de gâteau pour après 😉

Merci pour cette série de 3 articles tous aussi passionnants les uns que les autres. Ce dernier volet complète l’article précédent et m’apporte un éclairage nécessaire pour mieux comprendre la démarche de Victor d’Allant. Merci également pour la découverte de Stanley Greene.

Merci Estelle !

Et Stanley Greene, grosse découverte pour moi aussi.

Merci Vincent c’est sympa.

L’écriture d’un livre, c’est une autre paire de manches !

Je suis bien d’accord ! Je l’ai dit dix fois à Antoine qu’il devrait publier sa série d’articles dans un recueil. Ou bien écrire un traité sur la philosophie de la photographie, lequel deviendra très vite un livre de référence indispensable.

Merci à vous deux pour ces 3 volets.

À Victor d’Allant pour sa transparence et son partage.

À toi pour le temps consacré et la transmission.

Philippe, merci d’avoir lu cette saga jusqu’au bout. En fin de compte, j’ai eu la part facile dans cette aventure : je n’ai fait que papoter 🙂 C’est Antoine qui a dû organiser mes commentaires et les retransmettre en langage compréhensible, puis aux lecteurs/lectrices d’avoir confiance en lui pour s’aventurer dans ses textes très fouillés et très recherchés.

Merci pour cette fine analyse du processus créatif.

C’est rassurant de voir que tout – que ce soit l’harmonie finale des photos, le graphisme ou la couverture – ne découlent pas d’une sorte de grâce divine qui vous tomberait dessus mais de plein de doutes, de renoncements, de choix improbables, de mise à distance, de recul, d’œil neuf, bref… de travail !

Et si je ne suis pas fan de Larry Clark, me voilà maintenant à lorgner sur le Black Passport de Stanley Greene…

Encore bravo !

Pour le Black Passport, le prix va vite te refroidir €€€ !

Les réflexions, les doutes, les choix de Victor sont à la fois passionnants et rassurants. À la base de tout, il y a le travail, encore et encore. Ce qui semble plus accessible que la grâce divine.

Merci Pierre !

Désolée, je n’avais pas bien vu.

Effectivement il a un prix élevé. Mais je crois qu’il compile la vie d’un photographe. C’est plus qu’un livre.

Pierre, tu as bien raison – nulle grâce divine dans toute œuvre artistique (en tout cas pas pour moi, malheureusement !), mais beaucoup, beaucoup de travail. Et surtout, une équipe de choc, une dream team.

Antoine a très bien transmis ce que je souhaitais faire comprendre dès notre première conversation : qu’un.e artiste ne peut travailler seul.e dans sa tour d’ivoire, qu’iel doit au contraire s’accompagner d’une équipe qui va amplifier sa vision.

Pour moi c’était d’abord les habitantes de l’Oklahoma qui m’ont ouvert leur portes, mais aussi ma fixeuse, mon graphiste, mon imprimeur, etc.

Sans ces gens-là, mon livre n’existerait pas et ce ne serait pas OK !

On a envie d’avoir le livre en main, de le toucher. Encore un récit où on plonge facilement dedans avec en plus – pour moi – la découverte de Stanley Greene.

Merci Antoine.

Ce fut également une découverte pour moi. Gros choc.

Merci Romain !

Romain, aucun doute que tu aimeras le travail Stanley Greene. D’ailleurs lui aurait bien aimé ce que tu as dit dans un message précédent : « La noirceur est aussi profonde que l’éveil de la lumière. » C’était un peu sa vision aussi.

J’ai lu les deux premiers articles tellement passionnants que j’ai commandé dans la foulée le livre Tulsa,OK.

Un livre superbement réfléchi, conçu de photos qui nous entraînent à l’apnée et à la gestion émotionnelle. Moi j’aime bien l’appeler le livre rouge…avec ses pages couleur sang. Un livre brut et beau malgré le sordide des situations.

Le troisième article est génial quand on a lu le livre car il donne de précieux éclairages sur les personnes impliquées! En outre, il est tout aussi généreux que les deux premiers.

Merci à vous et à Victor d’Allant pour ces partages bien complets et rares!

Ravi que l’article et surtout le livre vous aient plu.

Merci Marie Estelle !

« Le livre rouge… avec ses pages couleur sang. » C’est sympa d’avoir remarqué ce « détail », car le choix des couleurs de base était très important pour moi, bien que (ou peut-être justement parce que ?) je photographie plutôt en noir et blanc.

D’ailleurs, mon prochain livre (dont le titre provisoire est CODE RED) aura beaucoup de pages couleur sang. Mon intuition me dit qu’il te plaira aussi…

J’apprécie votre effort et vos excellents articles.

J’ai une question :

Comment Victor a-t-il fait pour que l’ imprimeur et le graphiste – deux grosses pointures du milieu – acceptent son projet ? Comment les a-t-il abordés ? Le graphiste certainement débordé « est plutôt emballé a l’idée de travailler sur le projet ».

Merci pour ton petit mot, Monica.

Je laisse Victor répondre à ta question quand il passera par ici.

Tout se fait un pas à la fois, rarement du jour au lendemain. Le fait de pouvoir montrer qu’on a un minimum de crédibilité (« mon premier reportage a fait douze pages dans GEO »), d’avoir aussi un projet solide (‘je suis allé x fois dans cette petite ville de l’Amérique profonde et en ai rapporté x milliers de photos) et surtout un projet bien réfléchi au niveau du concept (« mon livre doit impérativement sortir au moment du cinquantième anniversaire de ce classique de la photo documentaire »), tout ceci a grandement facilité ma démarche.

La directrice de la Galerie Leica d’Istanbul (qui ne voit tout de même pas tous les jours débarquer dans son bureau des ethno-photographes franco-américains en route vers Kigali !) savait donc que j’avais un vrai projet qui allait plaire à l’imprimeur, et celui-ci savait qu’il plairait au graphiste.

À la limite, c’est plutôt à l’artiste d’avoir le courage de suivre son intuition. Une fois que la demande est jetée aux flots de l’Univers, il faut savoir suivre son cheminement et accepter que si une personne te dit d’aller voir tel imprimeur et que celui-ci te dit qu’il n’y a pas d’autre graphiste pour ce projet, tu dois laisser le bateau se diriger de lui-même entre les obstacles.

Ton intuition te dit qu’il arrivera à bon port, même si au début tu ignores encore de quelle destination il s’agit.

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