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La vie rêvée de Saul Leiter

Saul Leiter ne revendique rien dans ses photographies si ce n’est le droit de saisir la beauté autour de soi. Des impressionnistes français à l’art japonais, découvrez les influences qui ont façonné la vision unique de cet étonnant photographe.

Introduction

Plusieurs camarades viennent de ressentir LE grand frisson en se lançant dans l’édition de leur propre livre photo. Aujourd’hui plus qu’hier, l’aventure passe par les plateformes de financement participatif comme ulule ou kisskissbankbank. Demain elles s’appelleront peut-être googlule ou kisskissbookbook mais le résultat sera identique.

La réussite de la campagne semble moins dépendre de la qualité du projet que des compétences en marketing des uns et des autres. Ceux qui n’ont pas les codes restent sur la touche. Du grand frisson ils passent aux sueurs froides. Sans plan de communication bien ficelé, c’est foutu.

Et oui, il faut tourner une vidéo promotionnelle et écrire une page de vente. Il faut imaginer des paliers et les contreparties qui vont avec. Il faut anticiper un lancement officieux avant l’officiel. Et encore, ça c’est le minimum syndical. Les grands gagnants ajoutent des goodies, des exclus et des lots à gagner. Welcome to the jungle.

Ceux qui n’aiment pas se mettre en avant balbutient. Ils évitent alors la seule case à jouer et se voient en idéalistes. Ils regardent le temps défiler et s’imaginent en losers magnifiques. Mais tout le monde s’en fiche.

Certains deviennent amers. Ils ont beau se dire que la vie est injuste, elle s’en fiche, elle avance, elle les dépasse même. Ils disent qu’ils feraient mieux mais ne font pas. Et la prophétie s’autoréalise, le projet du livre tombe à l’eau (froide).

Ceux qui n’acceptent pas les codes des jeunes gens modernes pourront toujours espérer qu’une fée heureuse se penche sur leur destin. Notre héros du jour, Saul Leiter, a attendu la fin de sa vie. Comme lui, ils pourront toujours se persuader que :

« La crème ne remonte pas toujours à la surface et que l’histoire de l’art est un récit de grandes choses négligées et ignorées, de choses médiocres mais admirées. »

Aphorisme de Leiter cité dans le livre All About Saul Leiter

Mais dis-moi Saul, ne regrettes-tu pas, juste un peu seulement, « ce refus dédaigneux de te mettre en avant » qui t’a accompagné toute ta vie ? (citation de Max Kozloff dans le livre Saul Leiter : Photo Poche n° 113).

Parfois dans ce monde, un livre peut tout changer

L’histoire commence en 1946 dans un car direction New York. Un jeune homme de 22 ans est assis seul à l’avant du véhicule. Il a pris un aller simple pour échapper à la vie religieuse qui lui était promise à Pittsburgh. Rabbin. Comme son père, ses oncles, ses grands-pères et ses arrière-grands-pères avant lui. Son nom est Saul Leiter.

© Saul Leiter – Autoportrait à l’âge de 27 ans – 1950

New York à la fin des années 1940

Il débarque à New York avec pour seul bagage la volonté de devenir peintre. Les premières semaines sont épouvantables. Il passe plusieurs nuits sur un banc à Central Park. Sa mère lui envoie un peu d’argent pour lui éviter de mourir.

Le calvaire prend fin grâce aux petits boulots qu’il dégote. Il emballe des viandes dans un abattoir. Il bosse dans un magasin de fromages duquel il se fera virer. Motif : pas assez attentif aux besoins des clients.

La première année, il rencontre deux artistes qui deviendront des proches : le peintre Richard Pousette-Dart et le photographe William Eugene Smith.

Pousette-Dart est un peintre expressionniste. C’est aussi un touche-à-tout qui sculpte et prend des photos, qu’il manipule en les blanchissant et en les brûlant. Smith est déjà un grand photojournaliste. Il bosse notamment pour Life Magazine et The New York Times depuis plusieurs années.

Leiter est fasciné par ses deux amis qui l’encouragent à se lancer dans la photographie. Il se dit que cela pourrait être un bon moyen de gagner de l’argent. Smith lui prête alors un petit Leica 1C et le voilà lancé dans les rues de New York.

Tout au long des années 1950, Leiter photographiera dans son quartier. Des décennies plus tard, ces images seront regroupées dans un petit livre : Early Color.

Les caractéristiques des images de Early Color

Le charme des années 1950

Saul Leiter - Haircut - 1956
© Saul Leiter – Haircut – 1956

Les voitures américaines de l’époque côtoient des gens mieux habillés qu’aujourd’hui. Le charme opère. Les chapeaux de type fédora, les vieilles pancartes Coca-Cola et les poteaux de barbier façon canne à sucre créent une ambiance feutrée et nostalgique. Comme les enseignes néons des kebabs et les façades bleues des taxiphones Lycamobile dans 50 ans à Paris.

Des moments indécis plutôt que des moments décisifs

Des événements ordinaires ou des non-événements semblent avoir incité Leiter à déclencher.

Saul Leiter - Postmen - 1952
© Saul Leiter – Postmen – 1952
Saul Leiter - Mondrian Worker - 1954
© Saul Leiter – Mondrian Worker – 1954

Voire des moments insignifiants

Saul Leiter - Foot on EI - 1954
© Saul Leiter – Foot on EI – 1954

Une étude de la variation de la lumière au fil des saisons

Leiter semble s’être intéressé à la beauté de la lumière et ses effets sur les couleurs.

Saul Leiter - Paris - 1959
© Saul Leiter – Paris – 1959 (il y a dans Early Color quelques photos prises à l’étranger)

Les images révèlent un intérêt pour les rendus atmosphériques comme cette buée de condensation sur une vitre.

Saul Leiter - T - 1950
© Saul Leiter – T – 1950

Des personnages secondaires

Les images ressemblent à des décors dans lesquels les personnages ont un rôle secondaire. Les figures humaines sont d’abord traitées en tant que formes, comme cet homme derrière une vitre trouble.

Saul Leiter - Snow - 1960
© Saul Leiter – Snow – 1960

Ou cette silhouette dans un bus.

Saul Leiter - Bus, New York - 1954
© Saul Leiter – Bus, New York – 1954

Le format vertical

Leiter utilise le format vertical dans la plupart de ses photos. Chose assez peu commune dans la photographie de rue.

Saul Leiter - Harlem - 1960
© Saul Leiter – Harlem – 1960

L’utilisation du téléobjectif

Autre expérimentation, Leiter utilise souvent un téléobjectif 150 mm. Les premiers plans et les arrière-plans se confondent, la profondeur de champ est réduite.

Saul Leiter - Don't Walk - 1952
© Saul Leiter – Don’t Walk – 1952

Ce qui est net se trouve hors de portée

Très souvent, un premier plan flou de couleurs mêlées conduit le regard vers les bords de l’image.

Saul Leiter - Taxi - 1957
© Saul Leiter – Taxi – 1957

Un sentiment de confusion harmonieux

Comme pour surenchérir ce flou, des vitres ajoutent parfois de la confusion. Les reflets créent plusieurs réalités qui coexistent au sein d’un même plan.

Saul Leiter - Taxi - 1956
© Saul Leiter – Taxi – 1956
Saul Leiter - Phone Call - 1957
© Saul Leiter – Phone Call – 1957

Des contours de plus en plus flous

Une silhouette et une vitre aux airs de miroir trouble : tout est fait pour fuir la réalité et effleurer un monde de perceptions.

Saul Leiter - Near the Tanager - 1954
© Saul Leiter – Near the Tanager – 1954

Les limites de l’abstraction

De nombreuses images planent aux frontières de l’abstraction. Ici, des plans confus forment une sorte d’énigme qui ne se résout pas tout à fait.

Saul Leiter - Street Scene - 1959
© Saul Leiter – Street Scene – 1959

Plutôt que de pointer son appareil directement sur la femme, Leiter choisit ici de photographier un ensemble de miroirs, légèrement décalés l’un de l’autre. La femme apparait ainsi fragmentée.

Saul Leiter - Shopper - 1953
© Saul Leiter – Shopper – 1953

À droite de l’image, si le feu vert et les chaussures de la silhouette n’étaient pas reconnaissables, l’image ne serait que des tâches de couleurs et l’abstraction, totale.

Saul Leiter - Walk with Soames - 1958
© Saul Leiter – Walk with Soames – 1958

In No Great Hurry

La sortie du livre Early Color

Nous voici en 2006 après un bond de 60 ans. Early Color est sur le point de sortir. Leiter a maintenant 83 ans. Il a vécu une vie anonyme à New York. Des amitiés joyeuses, un grand amour et des dépressions. Des hauts et des bas. Une existence normale en somme.

Saul Leiter au Veselka, un restaurant ukrainien de son quartier de East Village à New York
© Margit Erb – Saul Leiter au Veselka, un restaurant ukrainien de son quartier de East Village à New York

La publication de Early Color au printemps 2006 souffle un vent d’étonnement et d’excitation dans le monde de la photographie. Les historiens bégayent avant d’ajouter un nouveau nom parmi les grands maîtres de la photographie. Les conservateurs de musée se précipitent sur leur téléphone et contactent la galerie Howard Greenberg qui représente ce mystérieux photographe.

Un mois après la sortie, les ventes de livres sont suffisamment importantes pour que Leiter puisse rembourser toutes ses dettes. Pour la première fois, il commence à vendre ses œuvres. Son destin change en même temps que l’Histoire de la photographie. C’est toujours comme ça lorsque l’on découvre des trésors jusqu’alors cachés et inconnus.

Il devient célèbre du jour au lendemain. La plupart du temps, Leiter prend ça avec amusement. À vrai dire, sa vie ne change pas beaucoup. Il peint et photographie tous les jours. Il continue à déjeuner avec ses amis.

Les demandes d’interviews se multiplient. À tel point qu’à un moment, il refuse d’être interviewé. Tout simplement. Trop de demandes, trop de refus à justifier, trop de frustrations. Basta !

Premier contact

À 5000 km de là, à Londres, un jeune réalisateur anglais de 28 ans tombe amoureux du travail de Leiter en feuilletant Early Color. Son nom est Thomas Leach. La fascination qu’entraîne cette rencontre pousse Leach à vouloir tout connaître du vieil homme. Sur Internet, impossible de le stalker, il n’y a presque rien.

Il décide de passer par la galerie Howard Greenberg pour le rencontrer. Après plusieurs mois de refus, Leiter accepte enfin. Seulement pour un café. Leach s’envole pour New York. Arrivé devant un petit immeuble en briques, il sonne, Leiter ouvre et dit :

« Pourquoi les gens attendent-ils toujours quelque chose de moi ? »

Propos de Leiter retranscrits par Thomas Leach pour It’s nice that

Il rentre en laissant la porte entrouverte. Leach le suit à l’étage. Oh quel bazar !

Appartement de Saul Leiter en 1987 et en 2009 © Alan Porter

Le photographe minimaliste c’est fini. Tout semble s’être accumulé depuis des années. Au milieu du labyrinthe de boîtes et de vieux papiers, les chats sont les rois et font le dos rond pour saluer le visiteur du jour, avant de retourner à leur vie de chat, pioncer au soleil derrière la baie vitrée.

Il faudra encore plusieurs mois pour que Leiter accepte l’idée d’un documentaire sur sa personne. À la seule condition que Leach soit seul. Banco ! Il s’occupera de tout : le son, l’image, la production, les interviews, la sauvegarde du matériel, le transport de l’équipement.

Début du tournage prévu en 2010.

Le tournage

On retrouve Saul Leiter et son appartement chaotique dans lequel il habite depuis 1952. Trapu, bougon, mal fagoté d’une chemise et d’un chapeau mou, il marmonne ses phrases avec une mauvaise volonté de façade.

Sous ses airs de nain grincheux, il semble cacher un coeur tendre et une profonde timidité. Le genre de personne à jauger férocement son interlocuteur avant de l’accepter sans réserves une fois l’évaluation réussie.

Le documentaire consiste à suivre Leiter ranger ses affaires. Souvent, il trouve des choses qui remuent des souvenirs de toute une vie. Parfois, le chantier est tout simplement trop pénible. Alors il abandonne et fait du café.

Leiter marche lentement, la tête penchée en avant, c’est vrai. Mais il est vif d’esprit et perspicace, comme lors de cet échange avec le réalisateur :

Saul Leiter : Certaines choses sont offertes à la vue de tous, d’autres restent cachées. La vie et le vrai monde sont peut-être davantage liés à ce qui est caché. Ne croyez-vous pas ?

Thomas Leach (hors-champ) : C’est possible.

Leiter : Vous ne pensez pas que c’est vrai ?

Leach : Possible.

Leiter : C’est plus que possible. Nous faisons volontiers semblant que le vrai monde se réduit à ce qui est public.

Leiter ponctue chaque trait d’intelligence d’un rire sonore, l’air de signifier que tout cela n’est pas très sérieux. Pareil lorsqu’il évoque son œuvre et son éventuel talent :

« Parfois je suis très bon dans mon travail. »

Il se déprécie dans la foulée :

« Quand je vois toutes les belles choses qui ont été faites, mes réussites me paraissent assez dérisoires. »

Leiter a une lucidité déchirante sur le temps qui passe :

« Vous savez, vous marchez dans la rue et vous passez devant une fenêtre. Vous apercevez ce vieil homme qui marche seul à vos côtés et soudain vous réalisez que ce vieil homme c’est vous. »

Il a une tendance mélancolique, en particulier lorsqu’il parle de l’amour de sa vie, Soames Bantry. Elle habitait l’étage au-dessus.

Saul Leiter - Soames Bantry - Vers 1960
© Saul Leiter – Soames Bantry – Vers 1960

Elle est décédée en 2002 et des années plus tard, il n’avait pas encore vidé sa chambre :

« Je n’y suis pas allé. Peut-être que je ne pouvais pas m’y résoudre seul. Parfois, cela me semblait impossible à gérer. »

La vie dure un hennissement d’un cheval galopant

Le tournage du film se termine en 2011, le montage en 2012. Voici la bande-annonce :

Le documentaire est magnifique (spoiler : j’ai versé ma petite larme). Il est dispo ici pour moins de 10€. Sous-titré en français.

Leiter voit une version quasi finalisée juste avant que son état de santé ne se détériore à l’automne 2013. Diagnostic : cancer du poumon. Après avoir fumé toute la vie, c’est presque beau de mourir une semaine avant son 90ème anniversaire, le 26 novembre.

Après sa mort, de nombreux photographes lui rendent hommage. Alex Webb (allez lire mon article), célèbre pour son travail en couleur, déclare que :

« Leiter parvenait à tirer du quotidien des situations complexes avec une troublante habilité, des images qui font écho à la peinture abstraite et qui pourtant dépeignent clairement le monde. »

New Yorker : Saul Leiter (1923-2013)

Voilà c’est fini.

Tout est passé si vite.

La vie dure un hennissement d’un cheval galopant.

Les influences de Saul Leiter

Quelques semaines après le décès de Leiter, son assistante Margit Erb est chargée de vider l’appartement. Et ce n’est pas une mince affaire. Le capharnaüm s’avérera contenir plus de 3000 livres, principalement sur la peinture.

Voyons si la bibliothèque nous renseigne sur les influences de Saul Leiter. Elle contient des ouvrages sur les peintres impressionnistes et postimpressionnistes français.

Les postimpressionnistes et les Nabis français

Comment le postimpressionnisme arrive jusqu’à Saul Leiter

Le postimpressionnisme est un état d’esprit qui se répand dans la peinture française entre 1880 et 1910. Il rompt l’élan de l’impressionnisme qui lui-même est une cassure au réalisme du milieu du 19ème siècle.

Le réalisme

Le terme « réalisme » indique la volonté de traduire fidèlement des scènes de la vie quotidienne réellement vécues, comme dans ce tableau de Gustave Courbet.

Gustave Courbet - L'après-dînée à Ornans - 1849
© Gustave Courbet – L’après-dînée à Ornans – 1849

Après un repas arrosé, des types dans un semi-coma semblent assister impuissants à la prestation du plus extraverti d’entre eux. 100% réaliste.

L’impressionnisme

Au début des années 1860, des jeunes peintres en ont marre. Ils s’intéressent davantage à la façon dont ils perçoivent la réalité. Ils vont peindre leurs impressions personnelles plutôt que les scènes telles qu’elles sont. Ainsi naît l’impressionnisme.

Les traits de pinceaux sont visibles, les contours négligés, comme si les peintres voyaient flou ou peignaient sous stupéfiants. Comme le réalisme, l’impressionnisme montre des réalités quotidiennes, mais elles sont plus légères, plus claires, plus lumineuses.

Les impressionnistes sont attentifs à la lumière. Ils sont fascinés par la façon dont les couleurs changent au cours de la journée et au fil des saisons. Ils peignent la vie moderne : la ville, les gares, les usines, et les loisirs de la société, comme ici, l’Opéra par Edgar Degas.

Edgar Degas - La classe de danse - 1874
© Edgar Degas – La classe de danse – 1874

Au début des années 1880, une énergie nouvelle étouffe le mouvement impressionniste. Avant de mourir, il se désintègre en de multiples groupes, au gré des amitiés et des affinités artistiques. Parmi eux, de jeunes gens, auto-proclamés les Nabis, fascineront Saul Leiter six décennies plus tard.

Le postimpressionnisme et les Nabis

Tous souhaitent aller au delà de l’impressionnisme, qu’ils jugent trop fidèle à la réalité. Les peintres nabis recherchent le beau, en jouant avec les formes et les couleurs, comme dans cette toile d’Édouard Vuillard.

Édouard Vuillard - Au lit - 1891
© Édouard Vuillard – Au lit – 1891

Pour cela, les traits sont simplifiés et les détails bannis. Les personnages et les objets sont réduits à des tâches de couleurs. Toute perspective est supprimée. C’est une interprétation simple et directe de la réalité, comme celle des enfants.

Le groupe des Nabis éclate vers 1900, chacun s’engage dans une voie plus personnelle. Dans les années 1920, leur réputation traverse les frontières, les Américains en deviennent fous et se mettent à acheter massivement leurs œuvres.

Le plus illustre d’entre eux, Pierre Bonnard, séduit le Musée des Beaux Arts de Pittsburgh en 1936.

Pierre Bonnard - Après la douche - 1914
© Pierre Bonnard – Après la douche – 1914

Saul Leiter habite alors la ville. C’est un ado qui, en autodidacte, découvre l’art dans la bibliothèque universitaire. En 1948, Leiter est à New York depuis 2 ans. Le travail de Bonnard est aussi dans la ville, au MoMA, où une rétrospective le sacre.

Dans les années 1940, Leiter tombe amoureux des impressionnistes et des nabis français, en particulier Vuillard et Bonnard. Comment ces peintres influencent-ils sa photographie couleur ?

Comment les Nabis influencent la photographie de Leiter

La quête du beau

Leiter semble être à la recherche de moments de beauté dans le chaos de la ville, comme dans la scène suivante.

Saul Leiter - L'écharpe jaune - 1956
© Saul Leiter – L’écharpe jaune – 1956

La palette de couleurs utilisée est réduite et harmonieuse.

Sensation de flou

Le flou donne à cette image un air de peinture impressionniste.

Saul Leiter - Scène de rue - 1958
© Saul Leiter – Scène de rue – 1958
Scènes banales de la vie quotidienne

Leiter s’intéresse aux sujets insignifiants.

Saul Leiter - Chemise - 1948
© Saul Leiter – Chemise – 1948
Absence de profondeur

Comme les Nabis, Leiter a la volonté de supprimer toute perspective.

Saul Leiter - Festival - 1954
© Saul Leiter – Festival – 1954
Perception des choses : jeux de lumière, reflets, mouvements
Saul Leiter - Reflection - 1958
© Saul Leiter – Reflection – 1958

L’art japonais

De nombreux ouvrages de peintres japonais sont retrouvés dans la bibliothèque de Saul Leiter, parmi lesquels ceux de Hokusai, Sōtatsu, Hiroshige, Utamaro et Koryusai.

Comment l’art japonais arrive jusqu’à Saul Leiter

Pays autrefois fermé sur lui-même, le Japon s’ouvre au monde à partir de 1854. Dès lors, l’art japonais se répand dans les villes européennes. Impressionnés, les peintres nabis français intègrent ces nouvelles influences dans leurs œuvres. Ces quatre panneaux de Pierre Bonnard, assemblés en forme de paravent japonais, en est un bon exemple.

Pierre Bonnard - Femmes au jardin - 1891
© Pierre Bonnard – Femmes au jardin – 1891 (pour aller plus loin : Le japonisme est l’influence de la civilisation et de l’art japonais sur les artistes et écrivains, premièrement français, puis occidentaux, entre 1860 et 1890)

En s’intéressant aux influences des peintres qu’il aime, Saul Leiter découvre les estampes japonaises. Ce sont des gravures sur bois réalisées en petites séries, la plus connue étant La Grande Vague de Kanagawa d’Hokusai.

Hokusai - La Grande Vague de Kanagawa - 1830/1831
© Hokusai – La Grande Vague de Kanagawa – 1830/1831 (pour aller plus loin, et c’est passionnant : l’histoire de l’oeuvre, le mouvement artistique associé Ukiyo-e et la technique d’impression utilisée)

Comment les estampes japonaises influencent la photographie de Leiter

La verticalité

Les estampes japonaises se présentent sous différents formats. Le format vertical est très souvent utilisé comme dans le kakemono, un long rouleau que l’on pend au mur.

Saul Leiter - Cracks - 1957
© Saul Leiter – Cracks – 1957
L’espace négatif

Dans la tradition japonaise, les peintres cherchent à créer un « vide plein de sens » en utilisant des espaces blancs. (extrait de Keys to the Japanese Heart and Soul). Le terme japonais utilisé est ma comme l’indique Pauline Vermare (cf. son essai dans All about Saul Leiter).

Saul Leiter - Canopée - 1958
© Saul Leiter – Canopée – 1958
Les tons pastels

Ces peintres japonais utilisent des couleurs délicates et notamment beaucoup de tons pastels. Leiter expérimente des films périmés par manque d’argent et par goût. Il aime la tonalité dominante qui sort sur les photos : vert pâle, bleu lavande ou ocre comme sur celle-ci.

Saul Leiter - Man Reading - 1957
© Saul Leiter – Man Reading – 1957
Le rapport aux saisons

La Grande Vague de Kanagawa fait partie d’une série d’estampes d’Hokusai : Les Trente-six vues du mont Fuji. Elles représentent le mont Fuji depuis différents lieux et différentes saisons. De la même façon, Leiter photographie le même quartier au fil du temps.

Saul Leiter - Neige - 1952
© Saul Leiter – Neige – 1952
Le parapluie

Le parapluie est utilisé dans les danses traditionnelles japonaises et pendant la cérémonie du thé. L’art japonais est sensible à sa représentation, tout comme l’est Saul Leiter.

Saul Leiter - Parapluie Rouge
© Saul Leiter – Parapluie Rouge

L’expressionnisme abstrait new-yorkais

Comment l’expressionnisme abstrait arrive jusqu’à Saul Leiter

Leiter admire également la calligraphie japonaise qu’il considère comme « la plus haute forme d’art » (Margit Erb, conférence à New York, le 15 mars 2016). De nombreux livres du maître calligraphe Hon’ami Kōetsu sont retrouvés chez lui.

Hon'ami Kōetsu (calligraphe) et Tawaraya Sōtatsu (décor peint) - Calligraphie d'un poème sur papier décoré au lavis d'or - Début du 17ème siècle
© Hon’ami Kōetsu (calligraphe) et Tawaraya Sōtatsu (décor peint) – Calligraphie d’un poème sur papier décoré au lavis d’or – Début du 17ème siècle

Beaucoup de peintres de l’expressionnisme abstrait des années 1940 et 1950 ont cherché l’inspiration en Orient. Comme par exemple Jackson Pollock.

Jackson Pollock - Echo number 25 - 1951
© Jackson Pollock – Echo number 25 – 1951

Saul Leiter fréquente ces peintres. Comme on l’a vu, un des ses amis les plus proches est le peintre Richard Pousette-Dart, l’une des figures majeures de l’expressionnisme abstrait à New York.

Leiter baigne dans cette effervescence créative qui voit Jackson Pollock, Willem de Kooning ou Mark Rothko créer leurs plus grandes œuvres.

Mark Rothko - Untitled - 1964
© Mark Rothko – Untitled – 1964

Comment l’expressionnisme abstrait influence la photographie de Leiter

Consciemment ou non, ces influences infusent dans la tête de Leiter.

Saul Leiter - Through Boards - 1957
© Saul Leiter – Through Boards – 1957

Qui étais-tu, Saul Leiter ?

L’appartement de Saul Leiter recèle au total des milliers de vieux papiers, 3000 diapositives et plus de 12 000 enveloppes de négatifs.

Ces trésors vont-ils nous permettre de percer le mystère Saul Leiter ?

La vie avant New York

Saul Leiter est né en 1923 à Pittsburgh. Il grandit dans cette ville entouré de deux frères et d’une petite soeur. Dans un carton, on retrouve ce portrait de lui enfant.

Saul Leiter enfant
© Saul Leiter enfant

L’enfance

Avec le temps, les souvenirs s’estompent. Les bons perdent de leur éclat et les mauvais de leur noirceur. Si tout n’est pas noir ou blanc, l’enfance de Saul Leiter a été plus proche d’un gris ardoise que d’un gris clair.

Chez les Leiter, la famille est le centre de l’univers et le père en est le roi. Wolf est un rabbin apprécié par le voisinage. Bon, on ne va pas spontanément lui donner une tape dans le dos mais il est ouvert et respectueux avec tout le monde.

Saul Leiter - Wolf Leiter - 1942
© Saul Leiter – Wolf Leiter – 1942

C’est surtout un homme brillant qui parle couramment 7 langues. On se souvient encore de lui dans la communauté juive orthodoxe comme un spécialiste du Talmud, l’un des livres clefs du Judaïsme.

Par contre, son ouverture d’esprit et sa tolérance s’arrêtent aux portes de la maison. Il privilégie la réussite scolaire et le développement intellectuel aux sentiments et à la communication. Saul dira qu’il n’y a pas eu beaucoup de bonté dans la famille Leiter.

Enfant, le petit Saul doit se lever à 5 heures du matin pour étudier l’hébreu avant l’école. En rentrant le soir, c’est étude du Talmud comme papa. Et après il s’écroule de fatigue, normal. Et ça recommence le lendemain.

L’adolescence

Le jour sans fin s’arrête momentanément lorsque sa mère Regina lui offre un petit appareil photo en plastique, un Detrola. Leiter a 12 ans, il commence à photographier la personne dont il est le plus proche, sa soeur Deborah.

Saul Leiter - Deborah Leiter - Années 1940
© Saul Leiter – Deborah Leiter – Années 1940

À 16 ans, il surprend une amie en train de peindre. Il tombe amoureux non pas de la fille mais de l’art. Sur le chemin du retour, il achète tout le nécessaire ainsi qu’un livre du peintre Vermeer. Instinctivement, il se met à reproduire une de ses oeuvres.

La vie suit son cours jusqu’à la fac. Saul a de très bonnes notes, ce qui fait illusion auprès de sa famille. Dans sa tête, tout commence à se morceler. Il a beau s’inscrire en théologie à l’université de Pittsburgh, il abandonne au bout d’un semestre.

Ça n’avait pas l’air d’être une période facile. On dirait qu’il est sur le point d’aller en prison.

Son père le convainc de rejoindre l’école rabbinique de Cleveland. Il y reste à peine un an avant de retourner à Pittsburgh. Inutile de vous dire que l’ambiance à la maison est encore moins funky qu’avant.

Pour s’évader, Leiter peint. Et très bien apparemment puisqu’il est exposé à plusieurs reprises. Le père le découvre en lisant le journal. Il s’assoit et se met à pleurer :

« Tout le monde va savoir maintenant ! [que mon fils fait des choses artistiques] »

Propos retranscrits par Leiter dans cet interview : Saul Leiter in Conversation with Vince Aletti

On connait la suite de l’histoire. Il dit à son père qu’il ne se voit pas être rabbin. Le départ de Saul Leiter pour devenir artiste à New York est vécu comme une trahison. Il n’y aura jamais de réconciliation.

In my room

À New York, dans l’appartement qu’il habite, Leiter prendra des milliers de photos intimes. Ces nus sont en noir et blanc, peut-être « pour pouvoir réaliser lui-même ses tirages dans son laboratoire à l’étage et garder ainsi ce travail privé. » (tiré de l’essai de Carole Naggar dans l’ouvrage In My Room)

Toutes ces femmes apparaissent spontanées devant l’objectif. Elles se réveillent ou s’endorment, s’habillent ou se déshabillent.

Saul Leiter - In  My Room - Femme qui s'habille
© Saul Leiter – In My Room

Elles tiennent une tasse de café ou fument une cigarette.

Saul Leiter - In My Room - Soames Bantry
© Saul Leiter – In My Room – Soames Bantry

Elles s’éveillent tout juste ou semblent ailleurs.

Saul Leiter - In My Room - Femme qui semble perdue dans ses pensées
© Saul Leiter – In My Room

En 2018, le livre In My Room regroupera une sélection de ces photos.

Des ressemblances troublantes avec les nus de Pierre Bonnard

Pierre Bonnard est l’un des deux peintres nabis que j’évoque dans les influences. Il a peint des nus et c’est troublant de voir les ressemblances entre les deux artistes.

Comparaison #1
Comparaison #2
Comparaison #3

La photographie de mode

Par l’intermédiaire de son ami Eugene Smith, Leiter rencontre en 1953 le célèbre directeur du département de la photographie du MoMA, Edouard Steichen. Ce dernier inclut 25 de ses photographies en noir et blanc dans l’exposition qui fera grand bruit Always the Young Strangers.

Il lui propose même deux ans plus tard d’intégrer l’exposition The Family of Man. Leiter réussit à ne pas soumettre ses photographies à temps. Sa vie est remplie d’opportunités qui se sont succédées, et qu’il s’est régulièrement évertué à manquer.

En 1957, Leiter rencontre Henry Wolf, le directeur artistique d’Esquire dans le cadre d’une revue de portfolio que le magazine organise chaque mois.

Saul Leiter - Henry Wolf - 1967
© Saul Leiter – Henry Wolf – 1967

Il lui montre son travail en couleur. Wolf est émerveillé. C’est ainsi que Leiter commence à travailler avec lui et à mettre un pied dans le monde de la mode.

Il sera un grand photographe de mode avec à son actif des centaines de unes. Ce travail professionnel alimentera son travail personnel, et réciproquement.

Saul Leiter - Carol Brown pour Harper's Bazaar - 1958
© Saul Leiter – Carol Brown pour Harper’s Bazaar – 1958
Saul Leiter - Carmen pour Harper's Bazaar - 1959
© Saul Leiter – Carmen pour Harper’s Bazaar – 1959
Saul Leiter - Harper's Bazaar - 1959
© Saul Leiter – Harper’s Bazaar – 1959
Saul Leiter - Toa pour Harper's Bazaar - 1959
© Saul Leiter – Toa pour Harper’s Bazaar – 1959
Saul Leiter - Harper's Bazaar - 1963
© Saul Leiter – Harper’s Bazaar – 1963
Saul Leiter - Jean Shrimpton pour Vogue - 1966
© Saul Leiter – Jean Shrimpton pour Vogue – 1966

Au début des années 1980, la photographie de mode n’est plus l’activité artisanale d’autrefois. Chaque shooting accueille désormais des dizaines de personnes, entre les assistants et les assistants des assistants.

Leiter en a marre. La légende raconte qu’un jour, il prend tous ses appareils, quitte simplement un shooting et ne revient jamais. Par la même occasion, il tourne le dos à la stabilité financière jusqu’à la sortie de Early Color en 2006.

Conclusion

Leiter aura photographié toute sa vie. Et toujours avec ce style unique, comme le montrent ces images datant de 2006 et 2010.

Saul Leiter - Chaussure - 2006
© Saul Leiter – Chaussure – 2006
Saul Leiter - On The Bus - 2010
© Saul Leiter – On The Bus – 2010

🖤 Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. Si l’article vous a plu, laissez-moi un petit mot, cela fait toujours plaisir.

Les meilleurs livres de Saul Leiter

Si vous souhaitez acheter l’un des livres, vous pouvez cliquer sur leur couverture, c’est un lien affilié : ça ne vous coûte pas plus cher, Amazon gagne un peu moins et moi un petit peu.

  • Early Color – Editions Steidl – 20,5 x 21 cm – 120 pages
  • In My Room – Editions Steidl – 20,5 x 21 cm – 141 pages

L’héritage de Saul Leiter

J’aime beaucoup le travail de Gueorgui Pinkhassov qui s’inscrit dans la lignée de Saul Leiter, sans l’imiter.

© Gueorgui Pinkhassov - Photo de gare
© Gueorgui Pinkhassov
Gueorgui Pinkhassov - Reflets
© Gueorgui Pinkhassov

Aller plus loin

  • L’influence de l’art japonais sur le travail de Saul Leiter se base sur le remarquable essai écrit par Pauline Vermare dans l’ouvrage All about Saul Leiter. Historienne de la photographie, elle a notamment été commissaire de la rétrospective Saul Leiter au Bunkamura Museum à Tokyo en 2017.
  • L’essai de l’historienne de la photographie Carole Naggar intitulé Les nus de Saul Leiter : un mystère intime dans l’ouvrage In My Room est passionnant.
  • Les correspondances entre les nus de Pierre Bonnard et ceux de Saul Leiter se basent sur l’article de Dimitri Ayvadian du blog La Vitesse des choses.
  • Les éléments biographiques sont tirés de plusieurs textes et conférences de Margit Erb, directrice de la fondation Saul Leiter. En particulier cette présentation faite en 2016 à l’école d’arts visuels de New York.

98 réponses sur « La vie rêvée de Saul Leiter »

Je viens de re-relire l’article. Je suis fasciné par ce photographe que j’ai découvert grâce à vous. Merci pour cette étude détaillée des influences et pour les superbes photos insérées.
J’ai acheté le Photopoche sur Saul Leiter et j’ai pu admirer certains de ses livres en médiathèque. Un vrai plaisir !
Merci !

C’est chouette. Le Photo Poche sur Saul Leiter est une bonne porte d’entrée à son travail.
Merci Jean-Michel.

Bonjour Antoine, je viens de lire l’article et je vous félicite pour le travail. Je connais ce photographe car les couleurs pastel me plaisent beaucoup, moi qui travaille beaucoup en n&b et bien, grâce à lui, je me remets à la couleur. Continuez à nous faire de superbes articles.

C’est chouette lorsque le travail d’un photographe insuffle un vent de créativité et d’idées nouvelles dans son propre travail.
Merci Christophe pour le commentaire !

Merci Antoine pour ce partage d’articles sur des photographes que je ne connais pas.
J’ai tout d’abord été attiré par une photo que vous avez publiée de Saul Lauter par son grain et sa luminosité apaisante ( photo de rue pluvieuse à travers un vitre), et grâce votre article j’ai découvert cet artiste de talent.
Quelle aisance d’écriture de votre part et quel travail de recherche pour arriver à décrire vos ” personnages” à travers leur vie et leurs doutes.
Il est vrai que la qualité de nombre de photographes passent sur la touche par manque de compétences en marketing ou un plan de communication bien ficelé. Certains seront peut être reconnus à leur fin de vie comme de grands peintres au profit de photographes moins talentueux.
Associer une photo à un titre, à un poème me semble nécessaire pour valoriser une œuvre et en promouvoir sa lecture.
Crée un livre photo, un book est aussi un casse tête pour bon nombre d’ artistes.
J’aurais plaisir à relire d’autres articles de votre part et me suis inscrit à votre newsletter.
Vous êtes un super écrivain et je vais oser dire “un photographe de l’âme intérieure” des photographes que vous nous faites découvrir.

Merci Bernard pour tous vos mots très sympathiques (votre dernière phrase m’a même ému).

Merci Antoine, je découvre ton blog. Félicitations, c’est très instructif, cela m’a permis de beaucoup mieux connaître Saul Leiter.

Bravo et bonne continuation.

C’est super, ça permet de s’informer sur des sujets qu’on ne maîtrise pas forcément, et là le blog débute donc on peut suivre et ça c’est génial !

Bravo, j’ai beaucoup aimé votre article je connaissais cet artiste vaguement de nom mais son histoire est très intéressante.
Puis ça me permet de combler mes lacunes dans l’histoire de la photographie étant moi même débutant.
Merci pour votre travail

Merci Stéphane, je suis content que tu l’aies découvert plus intensément ! A+

Bravo pour votre travail! Encore un article très précis, fouillé…
Une belle découverte et beaucoup d’inspirations…

J’ai vu passé le post sur FB et je m’étais noté sur un coin de papier de prendre le temps de regarder et de lire l’article ! Pas de regret d’avoir pris le temps de le faire.
Merci pour ce partage et cet article !

Première lecture et belle decouverte d’une écriture intelligente, simple et détaillée, constructive et construite. Un beau travail de recherche et de synthèse, instructif juste ce qu il faut. Bravo.

Vos articles sont toujours passionnants ! Early color est un de mes livres préférés ! Le travail de Saul Leiter est remarquable , on peut contempler ses œuvres sans aucune lassitude et toujours avec une grande émotion !

Magnifique !! Juste Magnifique !! Merci pour ce travail sans doute conséquent pour pouvoir arriver à ce résultat captivant ! En arrivant à la fin je voulais en lire plus … L’article se lit comme si on regardait un film avec les passages où Leiter est cité. Sa petite voix nous surprend au fond de nos pensées tant on est plongé dedans !!

Encore un très bel article ! Belle illustration de l’influence des autres arts dans l’inspiration photographique mais aussi de la construction de l’œuvre d’une vie.

Merci pour cet article, je ne connaissais pas Saul Leiter. J’aime beaucoup son approche de la photographie.

J’ai dévoré cet article tout en découvrant l’œuvre incroyablement magnétique de Saul Leiter.
Merci pour cette lecture passionnante et d’avoir mis en lumière le travail de ce grand photographe.

Article très intéressant avec de très belles photos. J’adore ses photos de mode entre autres !
Merci pour ce partage.

Bonjour,
Je viens de relire encore une fois cet article sur Saul Leiter. Et je me décide à partager avec vous le bonheur tranquille de découvrir au travers de votre lecture les photos de ce photographe que je ne connaissais pas.
J’adore. Tout simplement.
Une beauté simple qui se laisse dévoiler, venant après un trouble visuel du décalage produit par la première perception inhabituelle de l’image que nous présente Saul Leiter.
Je retrouve dans vos articles (y compris ceux sur les autres photographes présentés ici) une sensibilité d’écriture qui nous permet d’appréhender le sujet avec une vision interne et externe à la fois. Vous nous faites naviguer dans la vie de ces photographes alternativement de l’extérieur à l’intérieur ou inversement, et ce rythme nous permet de souffler quand bon nous semble pour vivre au rythme de cette découverte. Comme dans un livre.
Une étoile pour la qualité et le format des images insérées.. Pas besoin de courir la toile en tous sens.
Bonne continuation.
Merci pour ces partages.

Merci Elie pour ce long message. Je ne sais pas quoi ajouter à part te dire merci 🙂

Toujours aussi passionnant ! Merci Antoine !
Je ne connaissais pas ce documentaire ! Je vais aller voir ça.
Travailler dans l’ombre et dans la solitude de l’anonymat permet peut-être de creuser et d’approfondir, d’aller chercher au fond de soi ce que l’on a à sortir. C’est plus difficile sous les projecteurs 🙂

Je suis d’accord avec toi, Alice. Pour moi, c’est une des raisons pour laquelle les premières oeuvres des photographes et plus généralement des artistes sont les meilleures. Le résultat d’un long processus créatif de plusieurs années, voire de toute une vie. Lorsqu’un artiste montre ses premiers travaux, il est déjà censé avoir réfléchi à la suite. Et il est attendu au tournant. Et c’est sans doute plus difficile de trouver au fond de soi ce que l’on a à sortir.

Super article.
Passionnant comme d’habitude.
Un bémol (qui n’a rien à voir avec l’article) le lien vers Amazon. Il y a tant de librairies qui ne sont pas destructrices de la planète.
Ça n’enlève bien sûr rien à la qualité de cet article mais ça me fait toujours grincer des dents de faire gagner du fric au type le plus riche de la planète 😉

Merci Alain !
Les liens vers Amazon sont affiliés : je gagne une toute petite part lorsque l’on achète un livre en passant par eux. Ceux qui souhaitent passer par la Fnac ou par le libraire du coin peuvent le faire, ce n’est pas le plus important. Il n’y a aucun souci.

Un immense merci pour ce voyage dans l’intimité de Saul Leiter, si tant est qu’on puisse en percer le mystère…
C’est sans doute LE photographe qui m’inspire le plus. Si je devais n’en citer qu’un, ce serait lui. Donc je t’ai lu avec délectation, tu imagines bien.
Ton article est comme d’habitude très fouillé et complet, ta vision de son oeuvre tout à fait passionnante. Et les pistes que tu donnes pour mieux cerner cette oeuvre magnifique et ses influences sont elles aussi passionnantes.
Bravo pour ton travail. Ça fait un bien fou de te lire !

Merci pour ce très bel article sur ce photographe que j’aime. À la fois sensible et documenté, une de ses qualités est de donner envie d’en savoir plus et… De chercher sa propre voie. Bravo !

Merci Antoine, j’ai apprécié chaque ligne, c’est d’ailleurs trop court ! Beau parallèle avec les tableaux de Pierre Bonnard et les trois exemples montrés. Merci pour cet article, je suis fan de Saul Leiter mais je ne savais pas tout ! Amitiés.

Le parallèle avec les nus de Pierre Bonnard m’a aussi beaucoup fasciné.
Merci Yan pour ce chouette compliment.

Je suis content de t’avoir fait découvrir Saul Leiter.
Merci Pascal pour le petit mot.

Merci pour cet article fouillé et très utilement illustré. Je connaissais le travail de Saul Leiter, mais j’ai apprécié le rappel de ses influences.

Un mélange d’influences unique qui engendrent un photographe unique.

Cher Antoine, que dire après la lecture d’un article aussi fascinant (comme les autres d’ailleurs). Il reste à les regrouper et à en faire un recueil, à mettre sur sa table de chevet pour lire régulièrement des paragraphes et/ou de parcourir les visuels si bien choisis.
Sur un autre point j’aime beaucoup l’introduction sur l’édition. J’y suis particulièrement sensible car confronté pour un roman. Belle retranscription d’un ressenti de nombreuses personnes par rapport à cet environnement de marketing. Bonne continuation et encore merci pour le partage de ce travail. Didier

Merci beaucoup pour cet article ! Je viens d’apprendre beaucoup de choses sur un photographe que j’aime beaucoup. Je ne savais pas que son travail avait été publié aussi tard. Et je mets le documentaire dans ma liste des choses à voir !

Le documentaire vaut vraiment le coup, à la fois intéressant et émouvant. Merci Magali pour le petit mot !

Saul LEITER a tout découvert, et ce, avant pas mal de photographes pourtant bien connus .
Ces cadrages et son sens de la simple beauté m’émeuvent beaucoup.
De plus New-York est une ville fantastique pour celui qui veut voir battre la vie et la capter à tout moment.

New York est une ville fascinante pour tous ceux qui aiment la photographie de rue.

Vous avez une jolie plume : votre article se lit comme un roman. Le fond n’est pas en reste : les influences ne sont pas seulement nommées, elles sont analysées. Bravo, je me suis régalé !

Bonjour Antoine, et merci pour cet article.
Saul Leiter est un de mes photographes préférés. Ma compagne est peintre et, sans le savoir, avait fait une toile rappelant beaucoup l’ambiance de Saul Leiter. Du coup, je n’ai pas voulu qu’elle la vende, alors, je l’ai achetée…
Merci encore pour cet article…et les autres !
Joël

Mécène au sein d’un couple, c’est pas commun 😉
Content que mes articles te plaisent.
Au plaisir Joël.

Saul Leiter est si doué, ton article rend bien hommage à la grandeur de son travail. Merci pour ton partage du documentaire de Leach qu’il me tarde de découvrir.
C’est toujours un plaisir de te lire ! 🙂

C’est un très beau documentaire à la fois émouvant et profond, tant Leiter était une machine à citations.

Merci Servane pour ton commentaire ! Au plaisir.

Ravi que l’article t’ait inspiré. A plus Romain ! 😉

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